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03 décembre 2009

Des histoires pour rien - Lorrie MOORE

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Loorie Moore a deux thèmes de prédilection : ses relations avec les hommes et les affres existentielles de l'écrivain incompris.

Dans "Histoires pour rien", l'auteur utilise le style court et efficace de la nouvelle pour faire passer ses concepts caustiques et d'une hauteur certaine.

Sur les relations avec les hommes, puisque le personnage féminin semble abonnée aux hommes non disponibles (hommes mariés, égoïstes, instables et narcissiques en tous genres...) :

"Faites une liste de tous les amants que vous avez eus. Fourrez la liste dans votre poche. Laissez-la traîner avec ostentation. Arrangez-vous pour la perdre. Faites in petto des plaisanteries sur les actes manqués. Refaites en une autre"

"Mosse continue à rentrer tard. Au lit, il vous caresse avec l'entrain de quelqu'un qui , rentrant chez lui épuisé, doit encore sortir les ordures et verrouiller la porte"

Sur la manière dont l'environnement joue un rôle certain dans votre manières de gérer votre histoire avec ces mêmes hommes :

"Vous aurez oublié qui au monde a bien pu dire que les seules pensées qui en valent la peine sont celle qui vous viennent en marchant. Mais raccrochez vous à cette formule"

"Les plantes d'intérieur auront l'air de prendre parti pour ou contre vous. Certaines brandiront leurs tiges comme des bras plein de colère. Vous croirez les entendre croasser comme des corbeaux. D'autres se contenteront de dépérir"

"Toute forme d'adoration est saisonnière, comme Noël"

Sur l'angoisse de l'écrivain qui pourrait aussi parler de toute personne trop dépendante du regard de l'autre en recherchant son adhésion :

"Essayez tout d'abord de devenir autre chose, n'importe quoi d'autre. Astronaute/vedette de cinéma. Missionnaire/vedette de cinéma. Jardinière/vedette de cinéma. Chef suprême de la planète Terre. Échouez lamentablement. Le mieux c'est d'échouer le plus jeune possible -mettons quatorze ans. Il est indispensable de connaitre de bonne heure des déceptions majeures, c'est ce qui vous permettra d'écrire à quinze ans de longues séries de poèmes en forme de haïku sur le thème du désir contrarié"

"Vous vous faites à votre vie d'étudiante. A la résidence universitaire, vous faites connaissance avec des gens sympathiques. Il y en a qui sont plus brillants que vous. Mais il y en a aussi qui sont bien moins forts. Malheureusement, tout le reste de votre vie, vous continuerez à classer l'humanité selon ce type de catégories."

"Racontez à votre camarade de chambre votre grande idée, votre grand projet où s'affirmera le pouvoir de votre imagination"

"Vous irez quelque part que le fait d'écrire n'est pas sans rapport avec les organes génitaux. N'y pensez pas trop. Ça risquerait de vous perturber".

Ces quelques textes plein d'humour caustique mais jamais cynique raviront le lecteur - et tout particulièrement les femmes libérées qui reconnaitront parfois leur propre personnage au survol de ces nouvelles.

12:00 Publié dans NOUVELLES | Lien permanent |  Imprimer | Albane Parker

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