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03 décembre 2009

La grande peur dans la montagne - Charles Ferdinand RAMUZ

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Ce roman, bien qu' écrit en 1925 par Charles Ferdinand Ramuz, écrivain suisse, est digne de figurer dans les meilleures oeuvres de littérature régionale aujourd'hui tant la description des personnages bien fouillés, à la psychologie crédible, sont une représentation synthétique intemporelle du monde tel qu'il est et a toujours été.

L'histoire : Un alpage abandonné dans les Alpes depuis une vingtaine d'années suite à des morts inexpliquées revient à l'ordre du jour par la voix du président du Conseil Général qui convainc une partie des habitants de son village que c'est de l'histoire ancienne. La résolution est adoptée à une grande majorité : les pâturages sont alors loués et quelques hommes montent au chalet avec un troupeau. Mais l'histoire semble se reproduire et rapidement des morts étranges frappent les hommes et le troupeau...

Mon avis : La force de la narration de l'auteur, la simplicité du langage ainsi que la richesse des détails permettent de ressentir l'ambiance et les situations avec beaucoup de réalisme.

L'atmosphère est inquiétante et la toile de fond est toujours teintée de nuages noirs, de vents bruyants, de silences assommants, de bêtes nerveuses...La nature se met au diapason des drames humains (ou est-ce l'inverse ?)

"mais il a semblé à ce moment à Joseph que le jour baissait, comme si un nuage était venu se mettre entre le soleil et eux", "il cherchait cette différence car il y avait quand même dans l'air cette différence".

Ce style synchro-variations nature/sentiment ne va pas sans rappeler le "Moderato Cantabile" de Marguerite Duras écrit en 1958.

Ce roman, qui se lit d'une traite tant il est prenant, s'adresse avant tout à notre peur, communicative, et qui nous empêche d'être rationnel en vue d'agir efficacement. Elle nous rappelle qu'en cas de drame, la tendance du groupe est de chercher un coupable. Et surtout, ce roman nous montre que c'est toujours la nature qui a le dernier mot :

"c'est que la montagne a ses idées à elle..."

11:39 Publié dans ROMANS | Lien permanent |  Imprimer | Albane Parker

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