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06 août 2010

MON CAS PERSONNEL - Ilan Duran Cohen

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Alain Conlang est un oisif, or l'oisiveté fait faire n'importe quoi : il en sait quelque chose.

Pour échapper au vide de sa vie et à sa dépendance aux autres, il décide d'inventer une méthode pour survivre aux ruptures amoureuses. Mais cette méthode, ses proches finiront par s'en servir contre lui et finalement il se retrouvera encore plus face à lui même qu'avant !

 

Un style efficace, des tournures de phrases et des raisonnements surprenants ainsi qu'un humour décoiffant... J'ai lu ce livre comme j'aurais lu un journal de confidences inavouables : avec curiosité et amusement !

 

Quelques passages amusants :

 

"...mais entre mes actions et mes intentions il ya la mer et je ne sais pas nager."

 

"J'avais besoin d'air. J'avais besoin d'en parler à ma mère qui aurait adoré débattre de ce genre de folie. Je tiens d'elle cette attirance pour les projets extraordinaires jamais réalisés, irréalisables, retenus au stade du fantasme, étouffés dans le silence, attirance que nous devions aussi à mon père qui, depuis toujours horrifié par un éventuel dérapage de notre parfait petit trio, avait décidé que sa timidité maladive serait la norme familiale."

 

"Il me fallait d'abord une méthode. Le monde adore les méthodes et je n'en avais pas. Il fallait que je puisse l'écrire sur papier, la diffuser, la nommer. Bref, il me fallait une méthode."

 

"Ma première décision d'entrepreneur fut de ne pas tenter d'expliquer l'inexplicable."

 

"Hervé commence à me prendre au sérieux. Depuis quelques temps, il me regarde différemment. Il n'arrête pas de me dire, tu m'impressionnes, ce qui signifie que nous baisons beaucoup moins."

 

"Prétentieux comme je peux l'être dans ce genre d'environnement, je m'attendais à des éloges." ... "Le bonheur est dans ma méthode. J'en suis persuadé. Elle m'a été transmise par Dieu."

 

"En la regardant m'enserrer, je me demande pourquoi j'attire ces opportunistes qui vivent utile, qu'est ce qu'ils me trouvent, ils ne me convertiront jamais à leur terrifiante raison, qu'est ce qu'ils me trouvent. C'est peut être moi qui suis irrémédiablement attiré par leurs détournements, vers la lumière de leur réalité."

 

14:08 Publié dans ROMANS | Lien permanent |  Imprimer | | Albane Parker |  Facebook

03 août 2010

DURAS TOUJOURS - Dominique Noguez

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Intéressante approche que celle de Dominique Noguez qui tel un détective nous apprend que Marguerite Duras écrivait sous des pseudonymes inconnus et jamais identifiés dès 1943 pour des raisons alimentaires des romans de gare... il est certain de reconnaître dans «Caprice», un roman anonyme publié en 1944 dans une collection populaire.

 

L'amour est omniprésent dans toute l'oeuvre de Duras - «Dès l'origine chez Duras, absent, surabondant, obsédant, dans la vie comme dans l'oeuvre, partout : l'amour»; un autre, au regard -

«Ce qui est aveuglant chez Duras, Duras voyeuse, voyante et visionnaire : ce n'est pas, quelquefois, l'écriture; c'est la beauté, la beauté si souvent.»

 

Comme Marguerite Duras le déclare elle-même : " Ne pas empêcher que l'amour soit vécu car c'est encore la meilleure chose à faire ici-bas, aimer".

 

La force particulière de Duras, c'est qu'elle ne se contente pas de croire à ses fictions mais elle réussit à nous y faire croire. D'abord parce qu'y croyant elle même, elle est plus convaincante. Mais à la limite qu'importe, puisque chez elle, le réel même est transformé, du simple fait de son regard visionnaire.

 

Un essai qui m'a donné envie de relire une oeuvre majeure de Marguerite Duras "moderato cantabile"...

14:23 Publié dans ESSAIS | Lien permanent |  Imprimer | | Albane Parker |  Facebook

LE VIEUX QUARTIER - Naguib Mahfouz

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Lire Mahfouz est toujours un ravissement.
 
Ces nouvelles (le vieux quartier, lorsque la fortune vient..., les scarabées, le retour) regroupées dans un chapitre intitulé "le vieux quartier" illustrent les thêmes chéris de Mahfouz : les petites rues improbables du Caire.
 
Le temps qui passe, l'inconstance des émotions, les liens qui nous lient aux lieux qui nous sont chers, autant de thêmes obsessionnels pour l'auteur et tellement bien exprimées par la langue levantine...
 
"Ne perds pas ton temps, la fuite des jours est irréversible"
 
"Rifa'a était timide, plein de retenue et se tenait constamment sur ses gardes, se protégeant contre Cherbini qu'il craignait, cherchant toujours à lui plaire"
 
"Il était venu là, sollicité par un désir pressant de voir le vieux quartier"
 
Une excellente lecture de saison !

11:39 Publié dans NOUVELLES | Lien permanent |  Imprimer | | Albane Parker |  Facebook