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22 août 2012

Les raisons de mon crime – Nathalie KUPERMAN (*)

Les-raisons-de-mon-crime.jpgCe qui résonne en fond de tache à la lecture de ce livre, c’est le leitmotiv sempiternel : « elle meurt par là où elle a péché »  donnant  le ton fataliste de ce roman qui exprime avec beaucoup de cynisme toute la précarité de la condition humaine et plus particulièrement  la  complexe relation entre les femmes d’une même famille.


Quand Marianne en raconte sur sa cousine «Martine», sur sa mère sorte de «Folcoche» ou encore sur sa tante qu’elle surnomme «Biquette», on ne peut s’empêcher de penser que le syndrome de la névrose intergénérationnelle n’est pas loin…


Extraits :


« Que c’est dur de regarder Martine parler à Biquette. Un surnom de chèvre que maris, enfants, parents, amis ont adopté avec bonne humeur jusque devant sa tombe et par-delà la mort. »


« Je demandais à ma grand-mère : Pourquoi personne n'aime personne? Mais tout le monde s'aime! me répondit-elle avec enthousiasme. Les larmes et les cris, c'est la preuve qu'il y a de l'amour ! »


« Elle me tapait parfois sur l'épaule en jurant qu'elle allait me dégrossir. J’étais maigre comme un clou et ne comprenais pas le sens du verbe "dégrossir", mais j'étais prête à devenir plus maigre encore pourvu qu'elle pose sur moi un regard aimant. »


« Je ne suis plus appelée par personne. Je tombe dans l’oubli. Je m’en réjouis, pour ne pas m’en désespérer ».


Marianne a les éclairs de lucidité de l’alcoolique dans ses errances éthyliques et surprend tant par la cruauté des situations ordinaires qu’elle décrit  que par son  aisance à  afficher de la hauteur dans son analyse glacée des relations humaines.


Mais l’auteur est passé maître dans l’art de la diversion et au final on comprend pourquoi le crime avait sa raison d’être…


(*) Prix de la Closerie des Lilas 2012

19:01 Publié dans ROMANS | Lien permanent |  Imprimer | Albane Parker

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