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11 avril 2014

La Mère suffisamment bonne - Donald W. Winnicott

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Donald W. Winnicott est un pédiatre, psychiatre et psychanalyste anglais (1896-1971). Ses théories sur le développement de l’enfant, très avant-gardistes pour son époque restent d’actualité.

Ce recueil est composé de trois textes et d’un remarquable préface de Gisèle Harrus-Révidi (elle-même psychanalyste).

Il est question dans cet ouvrage de la qualité de la relation mère-bébé. Sans culpabilisation,  bien au contraire, Winnicott expose des fondamentaux sur le sujet :

Parmi ces fondamentaux :

La mère miroir du bébé : « Dans le développement émotionnel de l’individu, le précurseur du miroir,  c’est le visage de la mère » : que voit l’enfant quand il regarde le visage de sa mère ? « Généralement ce qu’il voit c’est lui-même ». La mère est donc le premier miroir sa première référence à lui-même. Beau si elle le trouve beau, il se sentira capable de mobiliser l’attention d’autrui. Mais quand la mère est infantile, égocentrique ou indisponible, que voit-il ? : non pas lui-même, mais le visage de sa mère : « la mère malade ou mentalement absente conduit l’enfant à voir la chose vue », l’enfant devient alors le psychologue de sa mère et efface ses propres besoins pour satisfaire ceux de sa mère.

La mère « suffisamment » bonne  : c’est-à-dire la mère dont la fonction essentielle consiste à donner le sentiment d’une continuité d’existence au bébé pour qu’il ait plus tard la capacité d’être seul : le bébé peut faire l’expérience de jouer à ses côtés et ressentir la solitude en présence de l’autre (il peut se sentir non-intégré sans danger). Cette expérience lui permet d’acquérir l’assurance de l’existence ininterrompue de l’autre et l’aide à se constituer un environnement interne (relation au moi). Elle favorise, chez l’adulte, la capacité de se détendre, d’être insouciant, de jouir de la solitude.

Un petit livre qui donne l’envie d’approfondir ce sujet, personnellement je conseille la lecture « De la pédiatrie à la psychanalyse », qui en plus d'être accessible aux novices du genre, est un bon exposé des théories de Winnicott…


Œuvres de D. W. Winnicott :

WINNICOTT, D. W. (1958). De la pédiatrie à la psychanalyse. Paris : Payot, 1989.
WINNICOTT, D. W. (1965). Processus de maturation chez l’enfant. Paris : Payot, 1989.
WINNICOTT, D. W. (1971). Jeu et réalité. Paris : Gallimard, 2002.
WINNICOTT, D. W. (1971). L’enfant et sa famille. Paris : Payot, 1991.
WINNICOTT, D. W. (1972). La consultation thérapeutique et l’enfant. Paris : Gallimard, 1979.
WINNICOTT, D. W. (1972). L’enfant et le monde extérieur. Paris : Payot, 1989.
WINNICOTT, D. W. (1975). Fragment d’une analyse. Paris : Payot, 1992.
WINNICOTT, D. W. (1977). La petite « Piggle ». Traitement psychanalytique d’une petite fille. Paris : Payot, 1989.
WINNICOTT, D. W. (1984). Déprivation et délinquance. Paris : Payot, 1994.
WINNICOTT, D. W. (1988). La nature humaine. Paris : Gallimard, 1990.
WINNICOTT, D. W. (1988). Conversations ordinaires. Paris : Gallimard, 2004.
WINNICOTT, D. W. (1989). Lettres vives. Paris : Gallimard.
WINNICOTT, D. W. (1989). La crainte de l’effondrement et autres situations cliniques. Paris : Gallimard, 2000.
WINNICOTT, D. W. (1992). Le bébé et sa mère. Paris : Gallimard.
WINNICOTT, D. W. (1993). Conseils aux parents. Paris : Payot, 2007.
WINNICOTT, D. W. (1999). L’enfant, la psyché et le corps. Paris : Gallimard.

Des articles ou recueil d’articles isolés sont également publiés par Payot dans sa collection « Petite bibliothèque Payot », comme par exemple « La mère suffisamment bonne », « Agressivité, culpabilité et réparation »…

16:48 Publié dans EDUCATION ENFANTS, PSYCHOLOGIE | Lien permanent |  Imprimer | | Albane Parker |  Facebook

08 avril 2014

L'Embellie - Audur Ava OLAFSDOTTIR

islandeL'histoire d'une femme totalement spectatrice de sa vie qui a des idées préconçues sur la maternité et la vie en général :

« Les mères n'ont qu'une chose en commun : ce sont des femmes qui ont couché avec un homme au moment de l'ovulation sans prendre les précautions adéquates. Pas même besoin de le faire deux fois, en tout cas avec le même homme. (...) Etre mère, c'est se réveiller le matin, faire de son mieux puis se coucher le soir en espérant que tout ira pour le mieux » .

« Les parents sont fatigués, ils ne se parlent pas, ils ne se retrouvent pas, ils ne voient ni l’épilobe arctique ni le glacier à cause des gosses qui sont malades à bord. Dans le maquis du terrain de camping, ils disparaissent à tout bout de champ et il n’y a pas moyen de feuilleter tranquillement son dictionnaire de synonymes devant  sa tente parce qu’on est tout le temps sur le qui-vive, à ce que j’imagine.  (…) En se concentrant au degré ultime, on doit pouvoir lire deux pages d’affilée. Sauf qu’un silence suspect règne autour de l’enfant : il a sans doute le hochet coincé dans la gorge. C’est pourquoi il faut aller vérifier toutes les quatre lignes.  On est tout le temps en train d’ôter au petit son pull-over, soit de lui remettre, d’enfoncer Barbie dans son collant et ses escarpins en strass, de chercher les clés de la porte d’entrée avec le marmot endormi dans les bras».

« Beaucoup d'événements lourds de conséquences peuvent advenir dans la vie d'une femme en moins d'une journée. La plupart des erreurs se font en un instant, se mesurent en secondes, mauvais virage, pied sur l'accélérateur au lieu du frein, ou l'inverse. Les erreurs sont rarement le résultat d'un enchaînement de décisions logiques ; par exemple, une femme peut être à un cheveu d'aimer absolument, être même à l'extrême bord, sans y avoir réfléchi une seule minute ».

Lucide sur elle-même, la narratrice accepte avec fatalisme les événements qui se présentent à elle. Un jour elle se voit confier par sa meilleure amie hospitalisée la garde d’un petit garçon de quatre ans. Elle décide de partir avec l’enfant faire le tour de l’ile par la route (unique nationale) qui encercle l’Islande… C’est alors que ses idées préconçues sur les enfants voleront en éclat…

Un style très différent de ce que j’ai pu lire jusqu’à présent. Un peu fouillis parfois cependant. J’ai bien aimé l’idée du rajout des recettes qui sont regroupées à la fin du livre (rédigées avec un style décalé et plein d’humour il va sans dire... !).

 

14:33 Publié dans ROMANS | Lien permanent |  Imprimer | | Albane Parker |  Facebook

02 avril 2014

Ma grand-mère russe et son aspirateur américain - Meir SHALEV

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Roman en bonne partie autobiographique.

Attention, il faut aimer le style Woody Allen pour en apprécier les notes d’humour si vous voulez plonger dans cette saga familiale israélienne. Sinon n’ouvrez pas le livre !

L’auteur, israélien, met en vedette sa grand-mère Tonia,  personnage haut en couleur, caractérisée par son obsession maladive de la propreté, par son mauvais caractère, par son aversion de tout ce qui vient des Etats-Unis :

"Mais la manucure incarnait un symbole négatif, le pire de tous, car elle s'appliquait aux doigts, aux mains industrieuses vouées à labourer, bêcher, semer et construire. Les mains des pionniers que la révolution devait arracher à la plume, au commerce, à la casuistique talmudique pour les renvoyer aux outils et aux travaux des champs..."

et aussi pour toujours prononcer sa phrase fétiche avant de raconter des faits : 

« Alors, voilà… Les choses se sont passées ainsi … »

Le seul membre de la famille qui a choisi d'émigrer en Amérique envoie à la grand-mère un aspirateur surnommé « sweeper », objet alors inconnu dans ce village d’Israël, mais la grand-mère se méfie…et à raison lorsqu’elle découvre avec stupeur que la saleté n'a pas disparu de chez elle puisque caché dans le sac de l’aspirateur dans sa maison ! : Immédiatement enfermé dans la salle de bains l’aspirateur sera enfermé durant quarante années avant de se retrouver dans la vitrine d’un magasin d’électroménager… aux Etats-Unis…

En vérité je vous le dis, Woody Allen pourrait faire une adaptation cinématographique de cette histoire : ça lui irait comme un gant !

10:45 Publié dans BIOGRAPHIES, ROMANS | Lien permanent |  Imprimer | | Albane Parker |  Facebook