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26 novembre 2014

Mémoires secrètes d'une poupée – Silvina OCAMPO

 

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Mémoires secrètes d'une poupée se compose de trente six nouvelles écrites par Silvina Ocampo.

L’auteur sait capter l’attention du lecteur : sa méthode ? la première phrase de chaque nouvelle (le titre du recueil est le titre de l’une d’elle), qui surprend et provoque la curiosité, et bien sur le style de l’auteur. La preuve par cette sélection de premières phrases de début de nouvelles… :

« Je suis, pensait-elle, comme un arbre sans beauté ; les marques laissées par le temps s’effacent mais les marques des marques sont pires.» - LE MASQUE

« Tout compte fait, en quarante ans d’existence, ce n’est pas beaucoup : aimer dix huit fois ce n’est pas une preuve d’inconstance ni de manque de sérieux. C’est seulement la preuve qu’il est impossible de vivre sans amour.» - J’AI AIME DIX HUIT FOIS MAIS JE NE ME RAPPELLE QUE DE TROIS AMOURS

« Le Destin était l’une des boulangeries les plus propres et les mieux tenues du quartier. Il aurait mieux valu pour moi ne jamais la connaitre. » - LE DESTIN

« Il y a longtemps que la vie me traite comme une petite fille traite sa poupée, avec des attentions qui ne sont que des passe-temps. » -   MEMOIRES SECRETES D’UNE POUPEE.

Les nouvelles peuvent être lues dans le désordre, un livre donc qu’on peut lire à son rythme si on dispose de peu de temps !

 

13:24 Publié dans NOUVELLES, ROMANS | Lien permanent |  Imprimer | Albane Parker

18 mai 2013

MON COURONNEMENT – Véronique BIZOT

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Ce roman d’une centaine de pages est un ravissement littéraire : le style déjà, jamais ennuyeux ni ampoulé, et puis la narration car on s’attache rapidement à  ce vieux scientifique qui reçoit un prix pour ses travaux sur le tard. « Son couronnement » comme il appelle ce prix avec une délicieuse ironie, ironie que l’on retrouve dans toute sa réflexion sur la vie  de vieux monsieur misanthrope qui ne souhaite qu’une chose : c’est qu’on le laisse tranquille, lui « qui n'attend plus grand-chose de la vie ».

A lire absolument !

Extraits choisis :

« La plupart du temps, au terme d'hypothèses cent fois hasardées et d'observations cent fois répétées, tout ce que nous parvenions à comprendre c'est comment ça ne marchait pas. »

« Ce rire qu’elle a émis, plein de vanité, totalement dénué d’égards pour ses invités, je l’ai trouvé parfaitement détestable et haïssable. »

« Il est évident que chez un cerveau trop brillant, la pratique des mathématiques, et particulièrement de la logique , s’avère redoutable pour la santé mentale, ce sont, depuis l’origine des mathématiques, des centaines de mathématiciens et de logiciens, que leur obsession des mathématiques et de la logique a conduits soit au suicide, soit à l’asile, aussi peut on être certain que Schenker, là où on l’a enfermé, a été accueilli par quantité de confrères… »

« Passé quatre-vingt ans, la vie parait différente lorsqu’on a quelqu’un avec soi, les gens qui viennent en face ne se précipitent pas sur vous comme s’ils voulaient vous éliminer de la surface de la terre, ils ralentissent puis s’écartent, et parfois même vous accorde un regard ».

10:24 Publié dans NOUVELLES, ROMANS | Lien permanent |  Imprimer | Albane Parker

08 mai 2011

Comment voyager avec un saumon - Umberto ECO

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Amateurs de formats courts, ce livre est pour vous ! composé de petites nouvelles qui ne dépassent pas les trois pages, ce recueil de nouvelles d'Umberto Eco est un hymne à l'humour au long court !

Avec des titres accocheurs comme : "comment remplacer un permis de conduire volé", "comment suivre un mode d'emploi", "comment ne pas répondre "absolument"" ou encore "comment devenir un chevalier de Malte", Umberto Eco nous fait part de sa vision très réaliste des technologies modernes, des aléas du voyageur, de la vie du spectacle bref tout ce qui compose notre quotidien passe aux cribles. Banal sont les thèmes, mais ce qui fait la différence c'est : le style ! (accéré, caustique et décalé).

Un style bien à lui :

  • A propos des salles de bain dans les hôtels : "Tandis que (sauf dans les hôtels japonais et chinois), on ne place jamais sur votre lavabo les deux seuls objets que vous aurez fatalement oubliés, un peigne et une brosse à dent".
  • A propos de la nourriture servie dans l'avion : "Le bon sens voudrait qu'on offrit des nourritures non salissantes et compactes." "Les petits pois, on le sait, sont des objets insaisissables". "En business class, le café vous est directement renversé sur le ventre par l'hôtesse en personne, laquelle s'excuse en epéranto".
  • Sur la vérité : " Au cours d'une campagne électorale, on dit beaucoup de mensonges. On ment pour synthétiser et simplier une pensée, on ment pour aller plus vite, on ment par conviction (c'est le cas le plus tragique, car en réalité le menteur ne ment pas, il dit le faux par manque d'information), on ment par vice".
  • Sur la réussite : "L'homme de pouvoir n'est pas obligé de répondre à chaque coup de fil. Voire. Il n'est là pour personne. Même au plus bas de l'échelle directoriale, les deux symboles de la réussite sont les clefs des toilettes privés et une secrétaire qui répond "Monsieur le Directeur est en réunion". Ainsi celui qui exhibe son portable comme symbole de pouvoir déclare au contraire à la face du monde sa désespérante condition de sous-fifre".

 

 

12:30 Publié dans NOUVELLES | Lien permanent |  Imprimer | Albane Parker

03 août 2010

LE VIEUX QUARTIER - Naguib Mahfouz

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Lire Mahfouz est toujours un ravissement.
 
Ces nouvelles (le vieux quartier, lorsque la fortune vient..., les scarabées, le retour) regroupées dans un chapitre intitulé "le vieux quartier" illustrent les thêmes chéris de Mahfouz : les petites rues improbables du Caire.
 
Le temps qui passe, l'inconstance des émotions, les liens qui nous lient aux lieux qui nous sont chers, autant de thêmes obsessionnels pour l'auteur et tellement bien exprimées par la langue levantine...
 
"Ne perds pas ton temps, la fuite des jours est irréversible"
 
"Rifa'a était timide, plein de retenue et se tenait constamment sur ses gardes, se protégeant contre Cherbini qu'il craignait, cherchant toujours à lui plaire"
 
"Il était venu là, sollicité par un désir pressant de voir le vieux quartier"
 
Une excellente lecture de saison !

11:39 Publié dans NOUVELLES | Lien permanent |  Imprimer | Albane Parker

03 décembre 2009

Des histoires pour rien - Lorrie MOORE

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Loorie Moore a deux thèmes de prédilection : ses relations avec les hommes et les affres existentielles de l'écrivain incompris.

Dans "Histoires pour rien", l'auteur utilise le style court et efficace de la nouvelle pour faire passer ses concepts caustiques et d'une hauteur certaine.

Sur les relations avec les hommes, puisque le personnage féminin semble abonnée aux hommes non disponibles (hommes mariés, égoïstes, instables et narcissiques en tous genres...) :

"Faites une liste de tous les amants que vous avez eus. Fourrez la liste dans votre poche. Laissez-la traîner avec ostentation. Arrangez-vous pour la perdre. Faites in petto des plaisanteries sur les actes manqués. Refaites en une autre"

"Mosse continue à rentrer tard. Au lit, il vous caresse avec l'entrain de quelqu'un qui , rentrant chez lui épuisé, doit encore sortir les ordures et verrouiller la porte"

Sur la manière dont l'environnement joue un rôle certain dans votre manières de gérer votre histoire avec ces mêmes hommes :

"Vous aurez oublié qui au monde a bien pu dire que les seules pensées qui en valent la peine sont celle qui vous viennent en marchant. Mais raccrochez vous à cette formule"

"Les plantes d'intérieur auront l'air de prendre parti pour ou contre vous. Certaines brandiront leurs tiges comme des bras plein de colère. Vous croirez les entendre croasser comme des corbeaux. D'autres se contenteront de dépérir"

"Toute forme d'adoration est saisonnière, comme Noël"

Sur l'angoisse de l'écrivain qui pourrait aussi parler de toute personne trop dépendante du regard de l'autre en recherchant son adhésion :

"Essayez tout d'abord de devenir autre chose, n'importe quoi d'autre. Astronaute/vedette de cinéma. Missionnaire/vedette de cinéma. Jardinière/vedette de cinéma. Chef suprême de la planète Terre. Échouez lamentablement. Le mieux c'est d'échouer le plus jeune possible -mettons quatorze ans. Il est indispensable de connaitre de bonne heure des déceptions majeures, c'est ce qui vous permettra d'écrire à quinze ans de longues séries de poèmes en forme de haïku sur le thème du désir contrarié"

"Vous vous faites à votre vie d'étudiante. A la résidence universitaire, vous faites connaissance avec des gens sympathiques. Il y en a qui sont plus brillants que vous. Mais il y en a aussi qui sont bien moins forts. Malheureusement, tout le reste de votre vie, vous continuerez à classer l'humanité selon ce type de catégories."

"Racontez à votre camarade de chambre votre grande idée, votre grand projet où s'affirmera le pouvoir de votre imagination"

"Vous irez quelque part que le fait d'écrire n'est pas sans rapport avec les organes génitaux. N'y pensez pas trop. Ça risquerait de vous perturber".

Ces quelques textes plein d'humour caustique mais jamais cynique raviront le lecteur - et tout particulièrement les femmes libérées qui reconnaitront parfois leur propre personnage au survol de ces nouvelles.

12:00 Publié dans NOUVELLES | Lien permanent |  Imprimer | Albane Parker